Dolmens dans le Var : carte et découverte des principaux sites mégalithiques
Bien avant les villages perchés, les voies romaines et les forteresses médiévales, les communautés préhistoriques du Var ont laissé dans le paysage d’imposants monuments de pierre : les dolmens.
Construits principalement entre la fin du Néolithique et le début de l’âge du Bronze, ces monuments funéraires accueillaient généralement plusieurs défunts. Certains ont traversé les millénaires au milieu des forêts, des collines calcaires et du maquis varois. D’autres se trouvent aujourd’hui à proximité des villes et des routes.
Du spectaculaire dolmen de Gaoutabry à la mystérieuse Pierre de la Fée de Draguignan, partons à la découverte des principaux dolmens du Var et de leur histoire.
Carte des dolmens
Les localisations sensibles peuvent être approximatives ou masquées afin de protéger le patrimoine.
La carte ci-dessous permet de localiser une sélection de monuments mégalithiques répartis dans le département.
Sites à afficher sur la carte :
-dolmen de Gaoutabry, à La Londe-les-Maures ;
- dolmen de la Pierre de la Fée, à Draguignan ;
- dolmen de la Gastée, à Cabasse ;
- dolmens des Adrets, à Brignoles ;
- dolmen des Riens, à Mons ;
- dolmen de la Gaillarde, à Roquebrune-sur-Argens
Cette carte présente des monuments connus et documentés. Certains sites peuvent se trouver sur des terrains privés, dans des espaces naturels réglementés ou sur des secteurs difficiles d’accès. Leur présence sur la carte ne garantit donc pas qu’ils puissent être visités librement.
Qu’est-ce qu’un dolmen ?
Le mot « dolmen » désigne un monument funéraire construit avec de grandes pierres.
Dans sa forme la plus reconnaissable, il comprend des dalles verticales, appelées orthostates, soutenant une ou plusieurs pierres de couverture. Cette structure formait une chambre sépulcrale dans laquelle étaient déposés les défunts, parfois accompagnés d’objets : poteries, outils en silex, éléments de parure ou armes.
Contrairement à l’image d’une simple table de pierre isolée, le dolmen était généralement recouvert par un tumulus constitué de pierres et de terre. Avec l’érosion, les fouilles anciennes et les transformations du paysage, ce tumulus a souvent disparu, laissant apparaître la structure intérieure du monument.
Les dolmens étaient fréquemment utilisés comme sépultures collectives. Plusieurs générations pouvaient y déposer leurs morts, ce qui montre que ces lieux occupaient une place durable dans la mémoire des communautés préhistoriques.
Dans le Var, la période principale du mégalithisme se situe approximativement entre 3500 et 2300 avant notre ère, à la fin du Néolithique et durant le Chalcolithique. Les constructeurs utilisaient généralement des matériaux disponibles à proximité immédiate du site.
Le dolmen de Gaoutabry à La Londe-les-Maures
Situé dans le massif des Maures, sur la commune de La Londe-les-Maures, le dolmen de Gaoutabry est l’un des monuments préhistoriques les plus remarquables du département.
Découvert en 1876, il fut fouillé à plusieurs reprises. Les recherches ont mis au jour les restes humains calcinés d’au moins 34 individus ainsi que différents éléments de mobilier funéraire, notamment des poteries, des outils en silex et des perles.
Le monument mesure environ 6,5 mètres de long. Sa chambre funéraire allongée est précédée d’une antichambre et se trouvait autrefois au centre d’un tumulus aujourd’hui très dégradé. Avec une superficie proche de 10 m², Gaoutabry est présenté comme le plus grand dolmen du Var par sa surface.
Son implantation n’a probablement rien d’aléatoire. Établi sur une hauteur, le monument s’inscrit dans un vaste paysage ouvert sur le massif des Maures et le littoral. Cette position dominante pouvait participer à sa visibilité et à sa valeur symbolique.
Le dolmen de Gaoutabry est inscrit au titre des monuments historiques depuis 1988. Son accès s’effectue à pied et peut être soumis aux restrictions appliquées dans les massifs forestiers, particulièrement pendant les périodes de risque d’incendie.
La Pierre de la Fée à Draguignan
La Pierre de la Fée est certainement le dolmen le plus célèbre de Draguignan. À la différence de nombreux mégalithes dissimulés au cœur de la végétation, celui-ci se trouve aujourd’hui dans un environnement urbanisé.
Le monument est formé de trois grandes pierres verticales supportant une imposante dalle de couverture. Son aspect spectaculaire a nourri différentes traditions populaires. Comme souvent avec les monuments mégalithiques, son origine fut autrefois attribuée à des fées ou à des êtres surnaturels, capables de déplacer des blocs que l’on imaginait trop lourds pour de simples humains.
La réalité est tout aussi fascinante : ce monument témoigne des connaissances techniques, de l’organisation collective et des pratiques funéraires des populations préhistoriques de la région.
Classée parmi les monuments historiques dès 1889, la Pierre de la Fée constitue l’un des plus anciens témoins connus de l’occupation humaine à Draguignan.
Son emplacement facilement identifiable en fait une bonne introduction au patrimoine mégalithique varois. Il convient toutefois de ne pas escalader le monument ni de se glisser sous la dalle.
Le dolmen de la Gastée à Cabasse
La commune de Cabasse possède un patrimoine archéologique particulièrement riche. Le dolmen de la Gastée compte parmi ses monuments préhistoriques les plus importants.
Comme de nombreux dolmens du centre Var, il fut aménagé comme une sépulture collective. Sa structure associe une chambre funéraire à des dalles dressées et aux vestiges du tumulus qui enveloppait autrefois le monument.
Le site est protégé au titre des monuments historiques.
Le secteur de Cabasse et de la moyenne vallée de l’Issole concentre plusieurs vestiges mégalithiques. Cette densité montre que les dolmens ne constituaient pas des constructions isolées, mais s’intégraient dans des territoires fréquentés et organisés par les communautés préhistoriques.
Les dolmens des Adrets à Brignoles
Plusieurs dolmens sont recensés dans le secteur des Adrets, sur la commune de Brignoles. Cet ensemble permet d’imaginer un paysage funéraire plus complexe qu’un monument unique.
Tous les dolmens ne présentent pas le même état de conservation. Certains ont perdu leur dalle de couverture, tandis que d’autres ne conservent qu’une partie de leur chambre ou de leur tumulus. Leur apparence actuelle ne reflète donc pas toujours leur architecture initiale.
Plusieurs monuments des Adrets bénéficient d’une protection patrimoniale, notamment les dolmens numérotés 3 et 4, répertoriés dans la base POP du ministère de la Culture.
Ces vestiges rappellent que le centre Var fut l’un des secteurs importants du mégalithisme provençal.
Le dolmen des Riens à Mons
Le territoire de Mons, dans l’est du Var, conserve plusieurs monuments mégalithiques. Le dolmen des Riens figure parmi les sites officiellement répertoriés et protégés.
Son implantation dans un relief calcaire illustre l’adaptation des communautés préhistoriques aux matériaux disponibles localement. Les bâtisseurs sélectionnaient les dalles dans leur environnement proche, puis les transportaient et les dressaient à l’aide de techniques qui nécessitaient une véritable organisation collective.
Le plateau de Mons et les territoires voisins possèdent plusieurs dolmens, tumulus et pierres dressées. Ils forment un ensemble archéologique précieux, mais parfois fragile et difficile à repérer pour un visiteur non averti.
Pour cette raison, il est recommandé de rester sur les itinéraires autorisés et de ne jamais déplacer les pierres qui entourent les monuments.
Le dolmen de la Gaillarde à Roquebrune-sur-Argens
Le dolmen de la Gaillarde, également appelé dolmen de la Gaillarde-sur-Mer, se situe sur la commune de Roquebrune-sur-Argens, à proximité du littoral.
Le monument est protégé au titre des monuments historiques, signe de son importance dans le patrimoine préhistorique varois.
Sa présence montre que les constructions mégalithiques ne se limitaient pas aux plateaux calcaires de l’intérieur du département. Les communautés préhistoriques occupaient également les secteurs proches du littoral et des voies naturelles de circulation.
Le paysage actuel a profondément changé depuis l’édification du monument. L’urbanisation, les routes et la végétation moderne rendent parfois difficile la compréhension de son environnement originel.
Pourquoi les dolmens étaient-ils construits sur les hauteurs ?
Un grand nombre de dolmens varois sont établis sur des collines, des plateaux ou des lignes de crête. Plusieurs raisons peuvent expliquer ces implantations.
La visibilité du monument pouvait d’abord jouer un rôle important. Un tumulus placé en hauteur constituait un repère durable dans le paysage. Il pouvait signaler la présence d’une communauté et marquer symboliquement son territoire.
Les hauteurs étaient également moins exposées aux inondations et offraient parfois un accès plus direct aux affleurements rocheux nécessaires à la construction.
Ces choix pouvaient enfin avoir une dimension spirituelle. Le paysage, l’orientation du monument et la relation avec les reliefs environnants participaient probablement à la signification du lieu. Toutefois, en l’absence de textes laissés par ces populations, une part de cette symbolique nous échappe encore.
Comment les hommes préhistoriques déplaçaient-ils les pierres ?
La construction d’un dolmen ne nécessitait pas de techniques mystérieuses, mais une importante mobilisation humaine.
Les blocs pouvaient être extraits d’un affleurement voisin, puis déplacés à l’aide de leviers, de cordages, de rouleaux en bois ou de systèmes de traction. Des rampes de terre et de pierres permettaient vraisemblablement de hisser les dalles de couverture.
Une fois le monument terminé, il était entouré et recouvert d’un tumulus. Cette masse de matériaux stabilisait la structure tout en donnant au tombeau une présence beaucoup plus imposante qu’aujourd’hui.
La réalisation d’un tel monument exigeait du temps, une bonne connaissance de la pierre et une coordination entre de nombreuses personnes. Les dolmens témoignent donc aussi de l’organisation sociale des communautés néolithiques.
Dolmen, menhir et tumulus : quelles différences ?
Ces trois termes ne désignent pas le même type de monument.
Un dolmen est généralement une tombe mégalithique comprenant une chambre construite avec de grandes dalles.
Un menhir est une pierre dressée verticalement. Sa fonction exacte peut varier et reste parfois difficile à déterminer.
Un tumulus est un amas de terre et de pierres recouvrant une sépulture. De nombreux dolmens se trouvaient initialement à l’intérieur d’un tumulus.
Dans le Var, ces différentes formes de monuments peuvent parfois se trouver dans les mêmes secteurs. Elles témoignent cependant de pratiques et de fonctions distinctes.
Peut-on visiter librement les dolmens du Var ?
Tous les dolmens ne sont pas librement accessibles.
Avant une visite, il est conseillé de vérifier :
- le statut du terrain ;
- les éventuelles restrictions d’accès ;
- les périodes de fermeture des massifs forestiers ;
- les risques d’incendie ;
- la difficulté du parcours ;
- les consignes des communes ou des offices de tourisme.
Il ne faut jamais franchir une clôture, pénétrer sur une propriété privée sans autorisation ou créer un passage à travers la végétation.
Les coordonnées publiées sur une carte doivent rester limitées aux monuments connus, documentés et accessibles sans risque pour leur conservation. Les emplacements de vestiges fragiles ou non aménagés ne devraient pas être diffusés avec une précision excessive.
Comment protéger un dolmen pendant une visite ?
Un dolmen a survécu pendant plusieurs milliers d’années, mais son équilibre peut rester fragile.
Lors de votre visite :
- restez sur les chemins existants ;
- ne montez pas sur les dalles ;
- ne déplacez aucune pierre ;
- ne grattez pas le sol ;
- n’effectuez aucun prélèvement ;
- ne laissez aucun déchet ;
- ne réalisez pas de moulage sur les surfaces ;
- n’utilisez pas de détecteur de métaux ;
- signalez toute dégradation à la mairie ou au Service régional de l’archéologie.
Les pierres situées autour du monument peuvent appartenir à son tumulus ou à son aménagement originel. Même un fragment qui semble sans importance peut donc posséder une valeur archéologique.
Un patrimoine préhistorique encore méconnu
Les dolmens du Var offrent une autre lecture du département. Derrière les paysages méditerranéens, les vignobles et les villages se cache un territoire occupé et parcouru depuis plusieurs millénaires.
Gaoutabry, la Pierre de la Fée, la Gastée, les Adrets, les Riens et la Gaillarde ne représentent qu’une partie de ce patrimoine. D’autres monuments subsistent dans les massifs et sur les plateaux, parfois très dégradés ou difficiles d’accès.
Les découvrir permet de mieux comprendre les sociétés de la fin du Néolithique, leurs pratiques funéraires et leur relation au paysage. Cette découverte doit toutefois rester respectueuse : observer, photographier et documenter un monument ne signifie jamais le fouiller ou le modifier.
Vous connaissez un dolmen ou un monument mégalithique dans le Var ? Vous pouvez contribuer à OXYBIA en proposant un site documenté, accompagné de photographies et de sources vérifiables, sans révéler publiquement l’emplacement précis d’un vestige fragile.
Chaque contribution responsable aide à mieux faire connaître le patrimoine tout en participant à sa protection.


